La Marine de Vichy aux Antilles, Juin 1940-Juillet 1940

L’armistice signé en juin 1940 par le gouvernement posait aux autorités en place dans les départements français séparés de la métropole le problème du choix entre le ralliement au gouvernement de Vichy ou à la dissidence du général de Gaulle.

Haut-commissaire nommé à la déclaration de guerre par Georges Mandel, l’amiral Robert, qui penchait initialement pour la seconde solution, choisira la première sous la vive pression exercée par les commandants des grands bâtiments présents, les croiseurs Jeanne d’Arc et Emile Bertin et le porte-avions Béarn.

C’est de son libre choix qu’il décidera ensuite d’appliquer avec rigueur la politique de la « Révolution Nationale » à ces territoires qui posaient pourtant de par leurs populations autochtones des problèmes spécifiques. Il en confiera l’exécution à un encadrement choisi principalement parmi les officiers de marine présents aux Antilles. Mais à la différence de la « marée bleue » déclenchée en métropole à l’instigation de l’amiral Darlan dans la haute administration, les cadres choisis conserveront leurs fonctions dans les unités où ils étaient affectés. Le port de cette « double casquette » se fera, comme le montre Jean-Baptiste Bruneau, au détriment d’une fonction d’encadrement des équipages que la situation des bâtiments, sur lesquels l’éloignement familial venait aggraver l’inactivité forcée, rendait particulièrement critique.

Le débarquement allié en Afrique du Nord de novembre 1942 et la constitution d’un gouvernement français provisoire qui en résultait offraient une issue que l’amiral Robert ne saura pas saisir au bond. Son retard à opérer un choix provoquera un pourrissement rapide de la situation, qui se manifestera par des mutineries à bord des bâtiments, des affrontements entre unités de la Marine et de l’Armée de terre. La réticence montrée par la suite par certains officiers à reprendre le combat en Afrique du Nord donnera toute la mesure du délitement des esprits provoqué par ces années d’épreuve.

 

Il n’était pas facile de rendre compte avec rigueur et impartialité d’un épisode aussi controversé de l’histoire de notre marine. C’est pourtant ce qu’a réussi à faire Jean-Baptiste Bruneau en s’appuyant sur une documentation incontestable et la parfaite connaissance,  acquise au Service Historique de la Marine, des problèmes auxquels le corps des officiers de marine a été confronté après l’armistice.

 

 CV(H) François-Emmanuel BREZET

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