Guichen

La mention spéciale du jury 2012 catégorie « Livre » a été décerné à François Jahan et Claude-Youenn Roussel pour Guichen.

Guichen
L’histoire de la marine française au dix-huitième siècle a fait l’objet d’une littérature abondante. Assez curieusement, aucune véritable biographie n’avait été écrite concernant un marin qui fut peut-être le plus grand : Luc Urbain du Bouëxic, comte de Guichen, qui, après cinquante-deux années bien remplies quittera le service du Roi comme Lieutenant-général des armées navales et surtout, distinction habituellement réservée aux princes du sang, comme chevalier de l’ordre du Saint-Esprit.

François Jahan et Claude-Youenn Roussel comblent cette lacune grâce à un ouvrage scrupuleusement documenté, qu’il s’agisse de l’histoire proprement dite de cette période (1730 – 1782) marquée par un long conflit avec la marine britannique, ou des caractéristiques des bâtiments de guerre de cette époque, ou encore des particularités de leur mise en œuvre, dont les auteurs nous montrent qu’ils n’en ignorent rien.
Le fait que le Roi ait confié à Guichen, alors simple capitaine de vaisseau, le commandement de la première escadre d’évolution, destinée à perfectionner en temps de paix l’entraînement à la mer des commandants et des équipages, montre que son talent de marin, sa maîtrise en tant que tacticien furent assez tôt reconnus. Les conditions d’avancement déplorables de l’époque dues à l’absence de toute limite d’âge pour les officiers généraux firent qu’il devra attendre longtemps pour voir reconnaître enfin son mérite et accéder aux plus hauts commandements.
La guerre d’Amérique lui donnera alors l’occasion de se distinguer. Pour la postérité il sera désormais le premier « général », comme on disait à l’époque, qui aura mis en échec un marin anglais aussi prestigieux que Rodney. Les auteurs nous livrent une analyse particulièrement pertinente des raisons qui feront que leurs diverses rencontres n’ont pu déboucher sur une action décisive.
Conscient à la fois de son prestige en tant que marin et de ses qualités de diplomate, le Roi  lui confiera ensuite la mission ingrate et ô combien frustrante d’animer, en sous – ordre qui plus est, la coopération franco – espagnole sur mer, fruit sec de cette guerre si glorieuse  dont les lauriers seront ramassés par d’autres qui ne le valaient probablement pas.

 

CV (H) François-Emmanuel BREZET
Membre du Comité de lecture

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