Roland Barrin Marquis de La Galissonnière

Embarqué sur l’E.E. La Galissonnière, j’ai regretté que la bibliothèque du carré des officiers n’ait aucune publication permettant de savoir qui avait été celui qui donnait son nom au bateau gris sur lequel j’ai servi pendant près de deux ans. Trois navires ont porté le nom de La Galissonnière : une corvette cuirassée 1872-1894, un croiseur classe Montcalm 1933-1942, un escorteur d’escadre 1955-1992.

Au hasard d’une navigation sur le Web, je suis tombé sur l’ouvrage éponyme que François Jaheny consacre au marquis de La Galissonnière et dont la lecture vient d’assouvir ma curiosité.

Fils d’un lieutenant-général des armées navales, Roland-Michel Barrin est né à Rochefort en 1693 – Études classiques au collège de Beauvais à Paris que fréquentera plus tard Pierre-Yves de Bougainville. Garde de la marine à Rochefort, puis enseigne embarqué sur le Héros pour un aller-retour au Québec, ce sera son premier contact avec le Canada auquel il restera très attaché.

Les traités d’Utrecht signés en 1713-1715 mettent fin à la guerre de Succession d’Espagne, les Bourbons arrivent en Espagne et les Anglais acquièrent l’Acadie et Terre-Neuve. Commandant général en Nouvelle France en 1747, Roland-Michel tentera de ‘sauver’ le Québec de l’influence anglaise grandissante et ce, malgré le désir du roi Louis XV de paraître puissant et la triste réalité de ses coffres vides.

Très tôt, Roland-Michel s’intéressera à l’intendance préférant moins de canons en état de marche que le double à fonctionnement incertain, soucieux que les capacités de défense restent en adéquation avec les menaces et que les équipages reçoivent leur solde avec régularité. Marin et scientifique innovant, il apportera beaucoup à l’art de la navigation et à la connaissance des choses de la mer.

A bord des navires de haut bord qui lui seront confiés, il commandera avec prudence et sans forfanterie.

Parvenu au grade de Chef d’escadre sans avoir jamais combattu, il se révèlera un administrateur entreprenant, lucide, avisé et un brin moralisateur, sachant tenir ses différentes affectations à terre et en mer ainsi que ses comptes, avec comme ligne de mire, le bénéfice de la couronne.

Peu avant sa mort, fin 1756, il escortera les troupes du Maréchal de Richelieu destinées à renforcer le blocus de Minorque alors possession britannique. Au large de Mahon, la Galissonnière infligera une cuisante défaite à l’amiral anglais Byng qui, le pauvre, sera exécuté le 14 mars 1757 pour n’avoir pas fait tout son devoir.

Puisé à la source de nombreux écrits sur le marquis de La Galissonnière, ce roman historique est agréable à lire, le texte en est aéré et ses nombreuses énumérations verticales allègent le propos et rendent très digeste cette biographie.

CF(H) Alain M. BRIERE
10/05/2026

Roland Barrin Marquis de La Galissonnière
François Jaheny
Éditions Amazon Italia

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