Le pétrole dans la Seconde Guerre mondiale

Nous avons tous vu des images du débarquement de Normandie en juin 1944 : avions larguant des parachutistes dans la nuit, armada approchant des cotes au petit jour, navires de débarquement déversant sur la plage chars, jeeps, camions GMC. Tous ces engins utilisant la même source d’énergie : le pétrole. On comprend aisément que le fait de disposer des bons produits pétroliers au bon endroit, en temps voulu et dans les quantités nécessaires, est un paramètre important de la planification des opérations. La problématique est complexe, avec des dimensions politiques, scientifiques, économiques et industrielles.

La plupart des puissances belligérantes (Allemagne, France, Royaume Uni, Italie, Chine, Japon) ne disposent de pétrole ni en métropole, ni dans leurs colonies et dépendent d’importations. Seuls les Etats Unis et l’URSS sont autosuffisants. Les gisements importants sont exploités au Texas, au Moyen-Orient (Iran, Irak), au Vénézuéla, en Indonésie et dans le Caucase soviétique. Les « bruts » extraits de ces gisements sont très différents les uns des autres, du plus léger et fluide au plus lourd et visqueux. Ils sont composés de mélanges extrêmement variés de molécules d’hydrocarbures qui sont séparées par distillation. Les produits obtenus correspondent à leur utilisation : les navires en majorité à vapeur brulent du mazout dans leurs chaudières, les véhicules automobiles à moteurs thermiques consomment de l’essence d’indice d’octane 80 ou du diésel, les avions de l’essence aviation d’indice d’octane 100.

A cette époque, trois « majors » dominent l’économie du pétrole : Standard Oil of New Jersey – marque ESSO, Royal Dutch Shell – marque SHELL et Anglo-Iranian – aujourd’hui marque BP. Ce sont des multinationales, conglomérats de filiales locales, avec des participations croisées qui intègrent la chaine de production (extraction, raffinage, transport, distribution). En 1938, elles constituent le cartel d’Achnacarry afin de réguler le marché pétrolier et de stabiliser les prix.

La problématique pétrolière est extrêmement complexe, les paramètres très nombreux ne convergent pas. Aussi l’auteur a-t-il choisi de traiter ce sujet sous différents angles caractéristiques : les stratégies d’approvisionnement du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne ; les aspects politiques et commerciaux des pétroles de Roumanie et de l’embargo des Etats-Unis vis-à-vis du Japon ; les aspects techniques de la qualité des essences et le cas de l’essence d’aviation ; l’impact des approvisionnements sur la stratégie militaire dans la guerre germano-soviétique et dans la bataille d’El Alamein. Cet ouvrage est une excellente leçon de géopolitique, intégrant les aspects techniques, industriels et commerciaux. Il aide à décrypter les événements récents où la problématique n’est plus l’approvisionnement en produits pétroliers d’armées en temps de guerre, mais de populations dans leur vie quotidienne.

CV(H) Gérald BONNIER
09/05/2026

Le pétrole dans la Seconde Guerre mondiale
Daniel Feldmann
Passés Composés / Humensis  –  Ministère des Armées

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