Kernok Le Pirate
- Auteur CF(H) Alain M BRIERE
- Publié dans Bandes-dessinées, Recensions
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Des dessins noirs pour illustrer le noir dessein du pirate breton Kernok dont les horribles méfaits ont été racontés par l’auteur feuilletoniste Eugène Sue en 1830.
Riff Reb’s s’empare de l’histoire et avec sa créativité graphique il nous offre une BD d’anthologie en noir et bistre, pour notre plus grand plaisir.
Ce Kernok est horrible à souhait avec son menton en grande galoche, son oeil torve et son langage répugnant. Il ne recule devant aucune trahison et, officier en second à bord du Félicité, il n’hésite pas à jeter le capitaine à la baille, à prendre possession du navire qu’il renomme Hyène et à abandonner la traite négrière, peu rémunératrice, pour courir les mers et se livrer au pillage des joufflus navires marchands. Son équipage, mené à coups de garcette et excité par le partage d’éventuelles richesses, le suit sans trop rechigner.
Avant d’appareiller, il consulte la voyante de Pampoul qui, à son grand dam, lui prédit la mort dans les treize jours. Ebranlé Kernok cherche à se consoler dans les bras de Mélie, sa belle fleur des îles.
Est-ce le remord qui provoque ces horribles cauchemars ? Traumatisé, Kernok décide de lever l’ancre illico et prend d’assaut le San Pablo dans les parages de Lisbonne.
L’abordage n’est pas trop difficile, par contre le butin est grandiose. La vie de pirate étant courte, tout le monde à bord goûte sans contrainte à tous les plaisirs primaires. La jouissance est totale et copieusement arrosée, ce qui donne lieu à des descriptions graphiques très réussies qui s’achèvent par un feu d’artifice offert par le San Pablo en flammes.
Les libations et les mauvais rêves récurrents de Kernok sont brutalement interrompus par l’arrivée d’une corvette anglaise de trente canons qui les prend en chasse. L’abordage est proche, le combat s’annonce dantesque mais, hélas, les boulets viennent à manquer. On charge alors les canons avec des pièces d’argent raflées lors d’un précédent pillage.
L’effet est fulgurant, la Hyène survit, Mélie périt et la corvette ennemie rend l’âme.
Rentré seul chez lui, Kernok le sans foi vieillit en bigot. Ses obsèques sont celles d’un bienfaiteur de la petite commune.! Décidément, les braves gens ont la mémoire courte… perseverare diabolicum !
CF(H) Alain M. BRIERE
10/05/2026
Kernok Le Pirate
librement adapté du roman d’Eugène Sue
Riff Reb’s (Dominique Duprez)
Éditions Oxymore

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