Une revanche française de la guerre de Sept Ans à la guerre d’Amérique 1763 – 1783
- Auteur CV(H) Gérald BONNIER
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Le siège de Yorktown et la victoire de la Marine royale française sur la Royal Navy dans la baie de la Chesapeake le 3 septembre 1781 mirent un coup d’arrêt aux ambitions de domination des mers et du commerce mondial par la Grande Bretagne. Après de longue années et nombre de batailles perdues, la France tenait sa revanche. Cette victoire rendait inéluctable l’indépendance des colonies anglaises d’Amérique, entérinée par le traité de Versailles du 3 septembre 1783. C’était l’aboutissement d’un processus qui s’était étendu sur 20 années et dont les protagonistes n’avaient pas réellement conscience des conséquences à court et long terme. En France, la ruine du pays entrainera la Révolution de 1789 et la chute de la royauté. 250 ans plus tard les Etats Unis d’Amérique, au nombre de 50, seront la première puissance mondiale.
Le traité de Paris du 10 février 1763, entre la coalition France-Espagne d’une part et la Grande Bretagne d’autre part, met fin à la guerre de Sept ans. La France cède à la Grande Bretagne, qui est en position de force, la Nouvelle France (le Canada, la région des Grands Lacs et le territoire entre le Mississipi et les colonies britanniques) et à l’Espagne la Louisiane (les territoires à l’est du Mississipi jusqu’au golfe du Mexique). En revanche elle conserve quelques îles aux Antilles et 5 comptoirs aux Indes. L’Espagne cède à la Grande Bretagne la Floride et doit évacuer le Portugal, mais récupère Cuba et Manille.
Les Français ne voient pas l’intérêt de s’établir en Amérique et aux Indes, possessions inutiles, couteuses et improductives. Aussi cette sévère défaite est-elle considérée comme une victoire diplomatique et économique. L’opinion publique évolue lorsqu’il devient évident que la Grande-Bretagne maitrise maintenant les mers et le commerce mondial.
Choiseul-Stainville, qui cumule les fonctions de secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, à la Guerre et à la Marine, a compris que pour limiter les ambitions de la Grande Bretagne il fallait une Marine puissante et assécher le commerce florissant entre celle-ci et ses colonies d’Amérique. Il négocie un nouveau « pacte de famille » entre les Bourbons d’Espagne et de France, s’assurant le concours de la flotte espagnole lors d’opérations contre la Grande Bretagne. Puis il réorganise la Marine royale française en piteux état. Les caisses royales étant vides, il fait financer les constructions neuves par des institutions (Etats du Languedoc, Ville de Paris, Ordre du Saint Esprit, etc.). Mais Louis XV le renvoie brutalement le 24 décembre 1770. Ses successeurs suivront cependant la voie qu’il a tracée.
La Grande Bretagne, également en difficultés financières, considère que les dépenses faites durant la guerre de Sept ans l’ont été à l’avantage des colonies et le Parlement de Londres, où elles ne sont pas représentées, multiplie les taxes et leur impose de commercer uniquement avec la Grande Bretagne. Le roi et le Parlement britannique ne se rendent pas compte ou ne comprennent pas que les Américains ne se considèrent plus comme de simples sujets de Londres, mais comme un peuple attaché aux institutions qui garantissent ses droits sur place.
Les incidents se multiplient et la « Boston tea party » du 13 décembre 1770, où des cargaisons de thé importées des Indes sont jetées à la mer, conduit à l’occupation de la ville par l’armée britannique. L’insurrection éclate le 26 février 1775 avec les accrochages de Lexington et de Concord suivis de la bataille de Bunker Hill. Le Congrès continental de Philadelphie crée l’armée continentale et nomme le Virginien George Washington à sa tête. L’indépendance des 13 Etats Unis d’Amérique est proclamée le 4 juillet 1776. La guerre s’engage avec la Grande Bretagne.
En France, Louis XVI monte sur le trône en 1774 et Vergennes est nommé secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères. Après une intense période de réflexion pour déterminer si et comment une aide aux insurgents d’Amérique peut contribuer à affaiblir la Grande Bretagne, Louis XVI décide de soutenir les colons révoltés en leur apportant un appui secret. Après la victoire des insurgent sur l’armée anglaise à Saratoga le 17 octobre 1777, deux traités sont signés le 6 février 1778 entre la France et les Etats Unis d’Amérique : d’une part un traité d’amitié, de commerce et d’alliance et, d’autre part, un traité secret d’alliance éventuelle et défensive.
Le 13 avril 1778, une escadre aux ordres de l’amiral d’Estaing quitte Toulon pour l’embouchure du Delaware puis hiverne aux Antilles. En juillet l’amiral d’Orvilliers remporte la bataille d’Ouessant sur l’amiral Keppel. En février 1780, Louis XVI décide l’envoi d’un corps expéditionnaire de 8000 hommes, sous le commandement du lieutenant-général de Rochambeau, combattre sous les ordres de Washington. En mars 1781 De Grasse appareille de Brest pour les Antilles, puis les côtes américaines. Fin août il entre dans la baie de la Chesapeake et le 5 septembre en interdit l’accès à Hood, empêchant tout secours aux forces britanniques retranchées dans Yorktown. Celles-ci capitulent devant les forces franco américaines le 20 octobre. Le traité de paix est signé à Versailles le 3 septembre 1783.
Dans cet ouvrage, Henri Ortholan décrit l’évolution des opinions dans les colonies anglaises, en France et en Grande Bretagne, celles des hommes politiques, celles du public, ainsi que l’enchainement des événements sur cette période de 20 années. On comprend ainsi comment la Marine royale française est parvenue à prendre le dessus sur la Royal Navy et on réalise que les investissements nécessaires ont ruiné la France et ont amené les événements de 1789. Cet ouvrage est parfaitement complémentaire à ceux d’Olivier Chaline qui le préface et qui décrivent dans le détail les opérations menées par l’armée navale commandée par de Grasse puis Vaudreuil. Construit dans le même esprit, par chapitres traitant le sujet chacun sous un angle particulier, il appartient à la même école historique.
CV(H) Gérald BONNIER
26/05/2026
Une revanche française de la guerre de Sept Ans à la guerre d’Amérique 1763 – 1783
Henri Ortholan
Bernard Giovanangeli Editeur

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