Mort à la baleine

Publié en anglais du Canada par Farley Mowat en 1972, A Whale for the Killing n’avait jamais été traduit en français. 50 ans plus tard, Glénat a acquis les droits de Mort à la baleine, sa traduction en français du Canada, puis cette année l’a sortie en poche. L’édition française est préfacée par Paul Watson. En effet, cet ouvrage était son livre de chevet lorsqu’en 1975, il était second à bord du Greenpeace V, chargé de s’opposer à la flotte baleinière soviétique.

Mort à la baleine est un véritable grand classique de la littérature baleinière. Passionné par les grands mammifères des océans, Farley Mowat y décrit tout d’abord avec une amertume passionnée la destruction organisée des cétacés, dès le Moyen-Âge, mais surtout durant les XIXème et XXème siècles. Il expose ensuite les rares connaissances de l’époque concernant ces grands animaux marins. Il nous fait part également de ses propres intuitions en matière de mode de vie et de comportement des baleines.

Il raconte aussi son coup de foudre pour Terre-Neuve et sa décision de s’y installer avec son épouse Claire dans le petit bourg de Burgeo.

C’est là qu’au début de 1967, une femelle rorqual, en état de grossesse très avancée, se trouve piégée dans un étang côtier. A la poursuite d’un banc de harengs pour apaiser sa fringale, elle y était rentrée par un étroit chenal peu profond à la faveur d’une haute mer de fort coefficient et, le niveau de la mer ayant ensuite baissé et les coefficients suivants étant significativement plus faibles, elle n’avait pu en ressortir.

De nos jours, pareil évènement aurait suscité un élan d’émotion, de sympathie et de solidarité envers la pauvre baleine. Il y a cinquante ans, les esprits n’étaient pas formatés de la même manière.

Farley Mowat nous relate avec force détails les agressions subies par la baleine de la part de locaux un peu frustes, ses efforts personnels pour médiatiser l’affaire, les péripéties qui s’en suivent et se terminent tristement par la mort de la baleine atteinte d’une septicémie due aux blessures qui lui ont été infligées.

Ce livre, un peu daté mais passionnant, se lit d’une traite. La traduction en français du Canada restitue tout le pittoresque de la langue et participe au plaisir de la lecture. Le prix modique de l’édition de poche devrait inciter de nombreux lecteurs à en faire leur livre de l’été.

LV(H) Dominique RENIE
09/08/2026

Mort à la baleine
Farley Mowat
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