Le grand atlas des Vikings – des premiers raids au temps des missionnaires

8 juin 793 : coup de tonnerre sur l’Europe chrétienne ! Le vénérable monastère de Lindisfarne, sur la côte du Northumberland, vient d’être dévasté, pillé et ses moines massacrés par des brigands venus de la mer sur de « longs navires » ou « bateaux-serpents ». Le nom de ces agresseurs ? Les Vikings, dont le seul nom va, pendant près de trois siècles, semer la terreur sur les côtes européennes (il est vrai qu’à l’époque, leur histoire est écrite exclusivement par leurs victimes, qui ont une tendance évidente à grossir leurs méfaits : sinon, comment expliquer que la plupart des moines de Lindisfarne, sans doute opportunément ressuscités, se sont, à la suite du raid, enfuis de leur île avec les reliques de saint Cuthbert, comme le relate Alcuin ?).

Derrière cette histoire de brigands se dissimule, en fait, une gigantesque épopée, unique dans l’histoire humaine, dont le Grand atlas nous retrace les origines, les péripéties et les conséquences. Hélas ! Il est humainement impossible de rendre compte en une trentaine de lignes de l’immense richesse, tant historique qu’iconographique, de cet ouvrage ! Comment, en effet, ne pas être impressionné par ces merveilleuses photographies de la cascade de Varingfossen (p.12), de l’île de Skellig Michael (p.43-44), de la statue de saint Olaf (p.175) ou de la forteresse circulaire de Fyrkat (p.184-185) ? Comment ne pas suivre avec admiration les innombrables pérégrinations de ces peuples scandinaves entre le 8ème et le 11ème siècle, au cours desquels ils vont sillonner les mers et les continents, depuis Constantinople (où ils constitueront la valeureuse et fidèle garde varangienne des empereurs byzantins) jusqu’aux lointains rivages du continent nord-américain (comme le révèlent les vestiges, aujourd’hui admis sans réserve par l’archéologie, de leur éphémère établissement de l’Anse-aux-Meadows, à Terre-Neuve), en passant, au fil des décennies, par l’Ukraine (où Riourik fonde, au 9ème siècle, le royaume de la Rous), l’Angleterre, l’Écosse, l’Irlande, l’Islande (où ils créent le premier parlement d’Europe, l’Althing), le Groenland, et, plus tard, le duché de Normandie et le royaume normand de Sicile. Une vingtaine de cartes, aussi claires qu’explicites, nous retracent toutes ces expéditions. Et d’autres chapitres nous font entrevoir leur civilisation et leur art, infiniment plus raffinés qu’on ne l’a autrefois prétendu, sans oublier leur technique hors du commun en matière de construction navale.

Bref, il s’agit là un ouvrage de tout premier plan et qui, à notre humble avis, n’a pas d’équivalent dans les travaux français sur l’histoire de ces peuples, que l’on continue à représenter trop souvent, à travers des fictions d’une rigueur discutable, comme des barbares incultes.

CV(H) Philippe HENRAT
membre de l’Académie de marine
09/02/2026

Le grand atlas des Vikings – des premiers raids au temps des missionnaires
Stéphane Coviaux
Glénat

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