Le marin, la montre et l’observatoire – Une histoire des observatoires portuaires
- Auteur CV(H) Gérald BONNIER
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Faire le point en mer est aujourd’hui aisé avec les systèmes GPS ou Galileo, il n’en a pas toujours été ainsi. La latitude était appréhendée depuis l’antiquité avec des instruments rudimentaires qui ont été perfectionnés au cours des siècles, mais ce n’est que dans la seconde moitié du XVIIIème siècle que l’on put déterminer la longitude avec une précision acceptable. Deux méthodes furent développées : celle de la distance angulaire de la Lune avec certains astres et celle qui compare l’heure locale du lieu où l’on se trouve avec celle du point de départ.
C’est cette seconde méthode qui fait l’objet de ce livre. Elle nécessite de disposer de montres précises et fiables dans le temps, étalonnées sur l’horloge astrale du point de départ, ce à quoi servaient les observatoires astronomiques. Les premières montres ou horloges marines, dites aussi garde temps, furent construites par des artisans horlogers, comme Berthoud et Bréguet. C’étaient des appareils de mesure de précision qu’il fallait entretenir avec soin et manipuler avec de grandes précautions. Le premier observatoire dans un port fut celui de Marseille en 1702, reconstruit en 1796. Ce n’est que sous la Restauration que le réseau d’observatoires de la Marine se constitue : Toulon en 1815, Rochefort en 1816, Brest en 1820, Lorient en 1826, Nantes en 1827.
Les montres marines étaient des appareils délicats et, pour ne pas les transporter à terre afin de les étalonner, on chercha à émettre depuis l’observatoire un signal horaire visible de tous les bâtiments présents au port. Les anglais inventeront le Time Ball, installé vers 1830 à Greenwich. En France un système sur le même principe sera installé à l’Ecole d’hydrographie de Paimboeuf en 1852. Le développement du téléphone permettra en 1905 de transmettre à Brest et Lorient le signal horaire de l’observatoire de Paris Montsouris. A cette époque une nouvelle technologie est en cours de développement : la TSF – télégraphie sans fil – et en 1910 le signal horaire émis depuis la tour Eiffel à Paris est capté à 2600 km le jour et 5000 km la nuit. Ce nouvel usage sauve la tour Eiffel de la destruction, mais marque la fin des observatoires de la Marine.
Olivier Sauzereau est chercheur en histoire des sciences et techniques de l’université de Nantes. Sa thèse de doctorat, soutenue en 2012, porte sur l’histoire des observatoires de la Marine en France au XIXe siècle. Il est à l’origine de la redécouverte de l’ancien observatoire astronomique de la Marine de Nantes au début des années 2000. Observatoire, constitué d’une tour accolée à l’Ecole d’hydrographie, qui de friche abandonnée à pris le statut de Monument historique, après avoir été Bourse du travail puis l’un des cinémas les plus modernes de la ville. Il s’est également intéressé à l’Ecole d’hydrographie de Nantes, créée en 1671 par les pères jésuites à la demande de Louis XIV. La tour et la grande salle dont il est question ci-dessus seront utilisés de 1827 à 1887. Après plusieurs localisations dans la ville, l’Hydro emménage en 1959 dans des bâtiments neufs. En 2010, elle est intégrée dans la nouvelle Ecole nationale supérieure maritime et elle est transférée sur le campus de l’Ecole centrale de Nantes.
CV(H) Gérald BONNIER
28/01/2026
Le marin, la montre et l’observatoire- Une histoire des observatoires portuaires
Olivier Sauzereau
Editions Matériologiques

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