Naufrage en Patagonie

Cette BD est un spin-off de Le Voyage du commodore Anson de la même équipe, paru en 2020.

Une armada anglaise formée de six vaisseaux, plus ou moins bien gréés et armés par des équipages mal amarinés et peu formés, appareille avec retard de Portsmouth en septembre 1740.

Sous le commandement du commodore Anson à bord du Centurion, la mission est d’attaquer et de piller les colonies espagnoles et péruviennes du Pacifique.

Doubler le cap Horn à la mauvaise saison n’est pas une partie de plaisir, la flotte se disloque et le Wager commandé par David Cheap, malade et autoritaire, se met au plein sur les côtes de Patagonie à la mi-mai 1741. Le gros de l’équipage dont l’aspirant John Byron qui plus tard racontera cette odyssée dantesque, s’entasse sur des barques pour rejoindre une terre inconnue, le reste saute à l’eau glacée et une poignée reste à bord pour s’entretuer après avoir percé les tonneaux de vin de la cambuse.

L’île abordée est désolée, dépourvue d’animaux et de nourriture. La survie se fait dans des conditions épouvantables, les quelques vivres ramenés de l ’épave s’épuisent vite, le rationnement engendre des dissensions, des luttes, des meurtres et des désertions.

Dans l’espoir d’un retour à la civilisation, les barques sont rafistolées à l’initiative du canonnier Bulkeley et du charpentier Cummins. On reprend la mer, route au sud, contrairement aux ordres de Cheap qui exige une route au nord. Mutinerie avérée qui, de plus, laisse Cheap à terre.

L’océan furieux, le froid cruel et le vent tempétueux déchirent les voiles et forcent les esquifs à se réfugier dans une crique pour réparer. L’officier en second Campbell et le jeune Byron se font alors la belle pour remonter, par le nord, l’étroit chenal qui les sépare du continent. Le courant trop fort les oblige à mettre pied à terre et à revenir penauds d’où ils sont partis.

Ils attendent l’été pour marcher, perclus de douleurs et hébétés par les fièvres, vers le nord et la colonie espagnole de Chiloé, guidés opportunément par un cacique indien surgi de nulle part. La jungle est hostile et peuplée de parasites, les hommes alternent marches forcées et passages maritimes périlleux.

Leur barque, jusque-là portée à bout de bras, finit par se fracasser sur la barre devant une plage salvatrice où des indiens vêtus de ponchos et parlant l’espagnol, les accueillent moribonds.

Fin du calvaire. La postface nous éclaire sur les suites de cette odyssée infernale.

Le storyboard de Perrissin suit scrupuleusement le récit du jeune John Byron, qui terminera sa carrière maritime comme vice-amiral de la flotte blanche dans la Royal Navy. Son fils John Byron junior donnera plus tard naissance au poète britannique Lord Byron.

Le dessin de Blanchin, d’un réalisme brouillon et parfois dérangeant, amplifie le côté crasseux de ce drame humain. Ses paysages témoignent avec rudesse de l’hostilité des éléments, de la pusillanimité des hommes mais aussi de leur courage face aux éléments déchainés.

Une très belle bande dessinée.

CF(H) Alain M. BRIERE
06/04/2026

Naufrage en Patagonie
La tragique histoire de l’équipage du Wager
d’après les souvenirs de John Byron (1723-1786)
Dessin Matthieu Blanchin, scénario Christian Perrissin
Futuropolis

Voir également la recension du MED(H) Antonio FERRANDIZ

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